02.02.2010

Plus fort que la haine

Plus fort que la haine Tim Guénard

 

images.jpg« Ma vie est aussi cabossée que mon visage. Mon nez, à lui seul, compte vingt-sept fractures. Vingt-trois proviennent de la boxe ; quatre de mon père. Les coups les plus violents, je les ai reçus de celui qui aurait dû me prendre par la main et me dire je t'aime ». Tim est une « mauvaise graine ». Abandonné par sa mère et battu à mort par son père, il devient à 5 ans un enfant de l'Assistance. De familles d'accueil en maisons de correction, de brutalités en humiliations, il apprend la violence et la haine. Pourtant, son immense soif de liberté et d'amour l'entraînera dans les rues de Paris, au hasard des rencontres, à la recherche d'une humanité perdue et d'un accès au bonheur... Poignant témoignage d'une enfance dévastée, cet ouvrage est aussi un magnifique éloge de l'amour, du pardon et de la vie.

 

 

« Je témoigne que le pardon est l'acte le plus difficile à poser. Le plus digne de l'homme. Mon plus beau combat. »

Voici le premier de mes livres-racines, un de mes livres de chevets depuis des années... Pourquoi mettre des mots sur l'indicible, pourquoi aller chercher l'horreur de ces vies brisées depuis l'enfance? Ce n'est pourtant pas par curiosité malsaine, ni par complaisance ou besoin de se donner bonne conscience. Tim Guénard est un boxeur et il sait taper juste: il n'est pas là pour nous abreuver de pitié mal placée, ni pour se donner une auréole de martyr...

De son écriture directe, de ses mots sans fioriture, il nous donne une leçon de vie, sans jamais se poser en donneur de leçon. Et son chemin de croix, s'il le décrit, ce n'est pas pour se faire plaindre, mais pour nous offrir une généreuse ode au pardon... et pour nous parler de ces gestes simples, de ces quelques mains tendues qui ont changé son chemin: certains étaient des illustres inconnus, d'autres des figures publiques, mais tous ont semé en lui les germes de la résilience. Et cet homme cabossé peut témoigner de la façon dont il a pu vaincre ses amertumes avec des mots simples qui guérissent, des mots qui apposent un baume sur nos petites et grandes blessures.

Certes, son chemin est passé par la Foi, certes, il parle de Dieu, mais il ne cherche pas à convertir quiconque ( sinon, il ne serait pas un Témoin pour moi).

Allez donc promener votre coeur sur cette vie blessée, allez goûter au miel de cet apiculteur peu commun. Il a parfois un goût de larmes, mais il contient des promesses de guérison. Un grand Monsieur... qui de sa voix tranquille a changé bien des destins et inspiré d'autres anonymes au grand coeur...

 

 

18.11.2009

good morning england (the boat that rocked)

 

Good morning England/ The boat that rocked, Richard Curtis, mai 2009

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Milieu des années 60 : chaque jours, des millions d’anglais écoutent Radio Rock, l’une des radios pirates qui émet depuis un bateau pirate. A bord du bateau, huit DJ qui vivent pour et par le rock, mais aussi une cuisinière lesbienne, un capitaine dandy et depuis peu Carl,son jeune filleul qui vient de se faire renvoyer du lycée... La vie s'écoule paisiblement, rythmée 24/24 par la musique, les rivalités et l'amitié des animateurs, jusqu'à ce que le gouvernement décide de se débarrasser du problème épineux de ces radios illégales...

Radio Rock entre en résistance, pour l’amour du rock et de la liberté !

 

Voici le nouvel opus d’un de mes réalisateurs favoris, Richard Curtis, l’inspiré créateur de Love Actually. Il s’est emparé ici d’une page de l’histoire de l’Angleterre, de ces révolutions qui ne se font pas dans les arènes d’une chambre des Lords, ni dans les rues de Londres… mais depuis un bateau pirate à bord duquel une bande de joyeux hurluberlus ont insidieusement changé la société, à coup de standards de rock et de murmures sulfureux…

Je savais que mettre Curtis aux commandes d’originaux chatoyants était une évidence, depuis la magnifique prestation de Bill Nighy en ex-star rock dépassée dans Love actually. Il ne nous déçoit pas : le film est un hymne d’amour au rock, à la fantaisie ! Les acteurs sont magiques : ils rendent parfaitement l’époque, les contradictions et la folie de cette bande d’iconoclastes qui peuvent se révéler héroïques ! C’est un opéra, avec ses morceaux de bravoure musicaux, avec ses moments de tension épique, sa propension à montrer la vie à travers la lorgnette décalée de ce navire ancré depuis bien trop longtemps…

A bord de Radio Rock, des hommes, toujours des hommes : chacun des huit DJ a une personnalité et une humanité différente… C’est un monde masculin, jusqu’à la cuisinière lesbienne qui n’a jamais été tentée par le sexe opposé… Les seules femmes qui viennent à bord sont hystériques et décoratives : elles ne sont pas là pour philosopher ! Mais la finesse de l’écriture les rend touchantes : pour une fois, elles se jettent sur des DJs qui n’ont pas des physiques de jeunes premiers. Pour une fois, amour ne rime pas avec toujours. Pour une fois, ce n’est pas une mission, ou l’amour d’une belle qui lie ces drôles de compagnons, mais l’amour de la musique. Et « Young Carl », le jeune héros est là pour nous permettre d’ effleurer leur différences et leur défauts… Mon bémol sur cette partition légère et virevoltante : le rôle de Kennegh Branagh n’est peut-être pas assez exploité. J’aurais aimé en savoir un peu plus sur ce politicien étroit et puritain… Mais avec tant de personnages passionnants, il n’était pas possible de développer chacun d’eux comme je l’aurais souhaité sous peine de produire un film de dix heures !

Moi qui suis née dans un monde où les radios étaient une évidence, où le rock était déjà la « musique à papa », j’ai adoré ce délicieux morceaux de bravoure, particulièrement la fin !

Bravo, monsieur Curtis !

08.09.2009

chandelles dans le vent

De l’onde claire,

De l’eau légère,

Nous en avons puisé

Au puits du temps passé

Ensemble.


Le vert chenu,

De ma tribu,

Les racines gravées

De nos complicités

Evidentes.


Et que valsent les chandelles

Dans le vent

Solidaires étincelles

Du présent,

Vous qui éclairez ma vie

De fils d’amour,

De brins d’humour

Et d’harmonie.


De pierre tendre,

De palissandre

Tes mains de magicien

Ont sculpté mon destin

D’amarante.


Et toi ma douce

Aux yeux de mousse,

Fleurissent chaque jour

Les fleurs de mon amour

Infini.


Et que valsent les chandelles

Dans le vent

Solidaires étincelles

Du présent,

Vous qui éclairez ma vie

De fils d’amour,

De brins d’humour

Et d’harmonie.

Merci !