07.05.2012

Otto et la Cité des Chimérics

Otto et la cité des Chimérics, Charlotte Haptie

Livre Jeunesse (8-15 ans)

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Résumé: Otto Chutt est un jeune Carré tout ce qu'il y a de plus carré : il vit à la Résidence Eden, sait dire Citrium avec un accent des plus distingué, a une famille qui vient du quartier chic de Hauteville. Il a surtout un esprit vif, un grand coeur, une imagination fertile, une curiosité qui le pousse toujours plus loin et une envie d'aller à la rencontre de tous... C'est pourquoi quand ses petites soeurs se mettent à voler dans leur appartement, quand son père, le tranquille libraire Albert, se met à apprivoiser des dragons, quand une fillette fantasque fait irruption dans sa chambre sur un tapis volant, un vent de folie et de liberté commence à souffler sur la vie d'Otto. Dans ses aventures tout à fait IMPOSSIBLES, il va découvrir que les apparences sont souvent trompeuses, qu'une grand-mère austère peut se révéler plus... cornue que prévue, que sa mère snob peut être aussi féroce qu'une tigresse et que le passé contient la clé du combat qui libèreront les zingaros, ce peuple qui se révèle être le sien et qui ploie sous le joug imposé par la Ministre de la modernisation, l'impitoyable Séraphita Circq. Vous qui ne connaissez pas encore les poulpics, qui n'avez pas encore découvert le Parc des Murmures, les aéromats, les trottoirs toboggans, les krokanthropes et les crépusculaires... Ruez-vous dans une librairie et plongez-vous dans ce livre plein de fraîcheur et d'inventivité.

Je me suis régalée à lire à ma fille ces aventures fantasques, dans cette belle Cité des Chimérics, où vivent les Zingaros, ces magiciens peu fréquentables qui peuplent les bouzbourgs, là-bas au bord du fleuve. Un monde tout en couleurs, en malice et en métaphores subtiles. Car tout n'est pas rose dans la Cité des Arbres, où les coeurs sont fendus en deux, et les arbres pleurent. Monsieur Six et Monsieur Huit parcourent les rues pour arrêter tous les suspects, les pauvres mineurs carrés ont perdu leur travail, les voisins espionnent par les fenêtres dans l'espoir de découvrir un Zingaro caché, la Ministre s'apprête à livrer sa ville aux Hommes du Grand Dehors, et le Mayeur continue à monter les Citoyens Carrés contre les Zingaros, à coup d'hymne carré et de discours mielleux. 

Otto, lui, aide son père à démêler les fils d'une vieille prophétie tout en rencontrant de nouveaux amis étranges et merveilleux, et tout en comprenant peu à peu qu'il possède son propre pouvoir, celui de lire dans les coeurs. Tous les coeurs, même s'ils semblent bien noirs, à première vue...

Dans ce bel hymne à la tolérance, la peur de l'autre est saisie avec beaucoup de douceur, avec de l'empathie, et c'est tout le mérite de Charlotte Haptie d'avoir su mêler une vision enchanteresse, des thématiques plus complexes et des héros hauts en couleur. L'écriture est pleine de fraîcheur, avec un côté un peu brouillon parfois, on sent que l'auteur a laissé couler sa plume. Tout n'est pas léché, tout n'est pas formaté, et c'est tant mieux...

Encore !

 

 

30.01.2012

Garrow's law

Garrow's law, Tony MArchant

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Je ne suis pourtant pas adepte de 'legal dramas', ni de séries judicières. Je ne suis pas fan des cours de justice, je n'ai jamais compté sur des embrouilles politiques pour passer une bonne soirée, et pourtant...

Et pourtant, je suis toute triste d'avoir fini mon Garrowthon des dernières semaines, triste d'avoir laissé derrière William, Sarah, mais aussi Silvester, Southouse, ou l'inimitable Sir Arthur. Je suis triste de ne plus avoir l'occasion de me poser des questions sur la naissance de notre système judicière... tout en buvant du petit lait devant la beauté des images, la force des intrigues et l'excellence du casting de cette série absolument brillante!

 

Londres, fin du XVIIIe siècle: Garrow's law suit le destin de William Garrow, un jeune avocat du tribunal de Old bailey. Sur fond de corruption et d'abus de pouvoirs, William Garrow persévère avec brillance et parfois avec virulance, pour faire entendre la voix des accusés, à une époque où cela ne se faisait pas. Au fil des épisodes, on découvre avec stupeur comment le système judicière fonctionnait... et cela fait froid dans le dos! Au fil des épisodes, on découvre les moeurs et les habitudes d'une société cloisonnée, qui garantit le fond de commerce d'une classe dirigeante qui n'a pas l'habitude d'être mise sur la sellette. William Garrow a un sens moral fort et le désir de faire triompher la justice, sans se laisser arrêter par le statut de ceux qu'il met en cause. Cela va lui assurer une popularité croissante, mais aussi des ennemis puissants!

La série couvre une série de procès (qui n'ont d'ailleurs pas tous été défendus par William Garrow dans la réalité). Les thématiques abordées dans chaque jugement permettent de lever un voile sur des sujets aussi variés que l'esclavage, les colonies, le statut des femmes, les maladies mentales, les abus de pouvoir, les syndicats... et donnent la possibilité à Garrow de changer la loi, petit à petit, malgré les menaces et les promesses de ses ennemis. Dans la beauté des images, dans l'utilisation de la symbolique, dans la poésie de certaines images, on est plongés de tout coeur dans ces destins tronqués.

 


Mais tout ceci ne suffirait pas à faire fondre mon coeur! 

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 Par l'humanité qui se dégage de chaque histoire, de chaque accusé, qu'il soit coupable ou pas, dans la beauté des dialogues, dans la beauté de l'anglais utilisé (certains dialogues sont de vrais pièces d'art), on est spectateur attentif, le coeur battant, l'esprit en  effervescence, la gorge nouée...

Il faut y ajouter un héros faillible, pétri de qualités, mais aussi de défauts, joué à la perfection par Andrew Buchan. Il faut mettre une pincée d'amour, avec une histoire diaboliquement prenante de deux âmes qui se rencontrent et se comprennent à une époque où les conventions ne le permettent pas... Lady Sarah (Lyndsey Marshal) est un personnage fort, une femme moderne qui ploie sous le fardeau d'un monde qui ne respecte pas ni son intelligence, ni son coeur, ni son instinct de mère. Pour corser la recette, on y met un soupçon d'amitié, avec  M. Southtouse (Alun Armstrong), un mentor au coeur d'or terriblement attachant,avec Silvester (Aidan McArdle), le rival complexe qui teste toujours Garrow, mais aussi avec le vieux juge Buller (Michael Culkin) et tant d'autres.

On saupoudre de méchants bien campés, de Sir Arthur Hill (Rupert Graves), aristocrate égocentrique, jaloux et volatile déterminé à ruiner William, à l'horrible Melville (Stephen Boxer) qui est toujours là, dans l'ombre, à tenter de bloquer toutes les avancées juridiques défendues par notre héros...

Servez enfin une série flamboyante, humaine et émouvante, intelligente et touchante... Une série comme on voudrait en voir plus souvent.

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BBC RULES!

21.03.2011

princesse Zélina

Séie pour les jeunes ( 7-10 ans)

Princesse Zélina, Bruno Muscat- Edith

synopsis de la série : ( et du magazine et des cahiers intimes et les produits dérivés etc.., quoiqu'il manque encore le dessin animé, ce me semble, ce qui est dommage, les histoires s'y prêteraient très bien)

zelina 1.jpgLa princesse Zélina habite à Obéron, la capitale du royaume de Noordévie dirigé par le roi Igor, son père adoré. La jeune princesse est, sans le savoir, entraînée dans de multiples aventures par les méchants, sa belle-mère, la reine Mandragone et son "démon à tout faire", Belzékor, car la marâtre veut se débarrasser de la jolie héritière pour mettre sur le trône son horrible fils Marcel... Pour corser le tout, Zélina est amoureuse de Malik, un jeune étudiant, qui se révèle n'être autre que le fils de l'ennemi juré d'Igor et prince du Loftburg, le royaume voisin. D'aventures en aventures, Zélina, son amie Ambre, sa marraine, la fée Rosette et Malil affrontent bon nombre de dangers et d'énigmes palpitantes !

 

 

L'intrigue vous dit déjà quelque chose? Comment ça, c'est du Roméo et Juliette corsé de Blanche-Neige, mâtiné d'un peu de Cendrillon, saupoudré d'un soupçon de Molière, doté d'une pincée de Jane Austen... Soit, la recette est connue! Mais c'est dans les vieilles marmites qu'on fait la bonne pêche... euh, je veux dire, soupe! Zélina est une héroïne féminine et moderne, une princesse mignonne et volontaire, Malik est... The gentil prince, un poil trop plat à mon goût, mais bon... il a des excuses, il est déjà en danger permanent! Les méchants sont méchants, les gentils sont... gagnants et tout le monde est content:)

Je plaisante, mais j'aime bien le ton des Zélina: Bruno Muscat assume totalement le côté acidulé de ses histoires et est un conteur vif et distrayant... Et ma fille aime bien recevoir un nouveau Zélina pour découvrir ce que Belzékor a encore mijoté pour s'emparer de la princesse punchy!

Quant aux magazines, l'idée de les centrer autour d'un pays et d'une culture est très bonne: une fois lue l'histoire de Zélina, il reste beaucoup de discussions autour de la mappemonde pour commenter les différents aspects de la culture abordée.

 

 

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